Les prénoms adoptés caractérisent plus ou moins chaque génération. Mais la tendance constante, c’est une palette de prénoms qui ne fait que s’accroître, à Acigné comme ailleurs.
Marie s’impose progressivement au XIXe siècle

En 1820, près de 80% des petites filles nées à Acigné s’appellent Jeanne, Perrine, Julienne, Anne ou Françoise. La proportion de petits garçons appelés Pierre, Jean, François, Jacques ou Joseph est à peu près la même (71%).
Le prénom est le plus souvent choisi dans la parenté et permet d’inscrire l’enfant dans la succession des générations.
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En 1870, Jean-Marie, tisserand habitant rue des Roches, est allé déclaré à la mairie d’Acigné la naissance de son petit dernier, Louis-Marie. C’est le septième de la fratrie, suivant Jean-Marie, Julien (un peu comme sa maman, Julienne, épicière), Françoise (le prénom de sa grand-mère), François, Edouard et Albert. On n’allait pas chercher bien loin le prénom de ses enfants.
Tout au long du XIXe siècle, le nombre de prénoms va augmenter et le choix se diversifier. Dans les registres d’Acigné, on voit apparaître des nouveaux prénoms, comme Célestine, Victorine, Eugénie, Constance ou encore Élise chez les filles, Édouard, Eugène, Théodore, Victor chez les garçons. C’est surtout le prénom Marie qui prend une place de plus en plus importante, soit seul soit composé. En 1890, 76 % des petites filles s’appellent Marie, Marie-Ange, Jeanne-Marie, Marie-Josèphe, Anne-Marie… 60 % des petits garçons ont aussi reçu ce prénom en deuxième ou troisième rang : Pierre Marie, Jean Marie, François Marie… Le culte de la Vierge Marie était alors à son apogée.
Influence extérieure de plus en plus marquée au XXe siècle
En 1920, la diversification des prénoms continue. Bien que le prénom Marie reste souvent donné aux filles, l’influence des villes, les nouvelles modes incitent les parents à choisir Odile, Gabrielle, Albertine… Du côté des garçons, Albert, Marcel, Clément, Léon rivalisent avec les prénoms plus anciens, même si Pierre reste majoritaire.
Dans les années 1950, Monique, Marie-Annick, Marie-Thérèse et Martine remportent les suffrages pour le quart des petites Acignolaises. Du côté des garçons, Jean-Yves, Pierre, Alain et Michel sont les prénoms donnés à pratiquement 30 % des garçons.
C’est dans les années 70 que l’on voit apparaître des prénoms aux orthographes différentes, comme Christelle, Chrystelle ou Chrystèle. Les prénoms bretons font aussi leur apparition : Maïwen, Rozenn, Gaëlle, Gaétan… ainsi que les prénoms d’origine anglo-saxonne : Jennifer, Cindy, Katline, Steven…

Ces tendances vont s’intensifier dans les décennies suivantes. Les goûts évoluent de plus en plus vite. Aujourd’hui, il y a presque autant de prénoms différents que de nouveaux nés. Ils ne sont plus guère dictés par les traditions familiales, ni par le calendrier des fêtes à souhaiter. Chacun le-sien, prénom «classique» ou ancien revenu dans l’air du temps, prénom breton ou d’origine lointaine ou encore prénom nouveau, choisi pour l’idée qu’il évoque, sa sonorité ou son orthographe originale.
Autrice : Françoise Contin
Rubrique « Le Saviez-vous ? » bulletin municipal janvier 2023
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