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Louvigné / lieu-dit Louvigné

Photo octobre 2026. 

Sur le plan


Un village qui a une longue histoire

Louvigné est un nom d’origine gallo-romaine. Il est possible que le mot « Louvigné » signifie « domaine de Lupinius » (un propriétaire gallo-romain) ou l’endroit du loup (lupus).

Au XIIe siècle, cette contrée a été gagnée par des moines défricheurs sur le massif forestier qui englobait alors les forêts de Rennes et de Chevré. En-effet, dès le milieu du XIIe siècle, l’abbaye de Savigny possédait une grange au village de Louvigné. Bien que l’abbaye-mère, l’abbaye de Savigny, se situe à Savigny-le-Vieux dans le Sud-Manche, son influence et ses possessions s’étendaient jusqu’à l’actuelle Ille-et-Vilaine. Les granges étaient des exploitations agricoles gérées par les moines et des frères convers pour subvenir aux besoins de l’ordre. C’est un ermite nommé Haton qui a fondé, avec ses disciples, la grange de Louvigné, avec l’appui du seigneur d’Acigné.

Un « aveu » (c’est-à-dire une déclaration) de François de la Vieuville, abbé de Savigny, datant de 1679 nous apprend qu’i y avait à Louvigné « une chapelle où l’on célèbre la messe tous les dimanches et fêtes, 253 journaux de terres labourables, prés et landes, ainsi qu’un droit d’usage sur les forêts voisines » (le journal correspond à peu près à un demi-hectare ; cette ancienne unité agraire était basée sur l’étendue qu’on pouvait labourer en une journée).

Aujourd’hui, il n’existe plus de traces des bâtiments monacaux, excepté dans la toponymie de parcelles (petit courtil de la chapelle, petit courtil de la grange, …). En revanche, des maisons en bauge et des fours à pain rappellent la vie paysanne d’autrefois.

Louvigné. Un ancien bâtiment agricole en terre avec un soubassement en pierres.

 

Four à pain adossé à une soue à cochons à Louvigné
Louvigné. Ferme datant du XIXe siècle, composée d’un alignement de logis en partie désaffectés. https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/

Pendant la Révolution, un certain Joseph Fouillard, laboureur et tisserand né à Louvigné, rejoignit la rébellion des Chouans. Après la pacification, il se livra au brigandage. Plusieurs fois arrêté, il s’évada de prison. Après de nombreuses péripéties, il finit par être tué par une compagnie de la garde nationale en 1798, après avoir échappé à toutes les recherches pendant plus d’un an.

Le cadastre de 1819 montre l’importance du village de Louvigné au début du XIXe siècle.

Le recensement de 1841 nous donne une image de la population de Louvigné à cette époque. Georges Guitton en a réalisé le bilan : À cette date, Acigné comptait 1990 habitants. À lui seul le village de Louvigné comptait 113 habitants, repartis en 29 ménages. La grande majorité des gens sont « laboureurs ». Ils sont 42 à porter cette définition, mais ce chiffre inclut en général la conjointe du laboureur, il faut donc le diviser par deux. On compte aussi 16  « cultivatrices ».  Il s’agit probablement de femmes d’artisans, ou bien de veuves, ou bien de jeunes femmes vivant au foyer de leurs parents laboureurs. Ensuite on trouve 1 cultivateur , 3 domestiques (ce petit nombre atteste de la pauvreté du village) et seulement 2 journaliers.

Le village compte alors 27 enfants de moins de 15 ans, auxquels s’ajoutent 7 « pâtres », âgés de 8 à 15 ans (il y a même une fillette de 8 ans !)

Le village de Louvigné comptait aussi des artisans : le recensement de 1841 fait état de 12 artisans à savoir 2 tisserands, 2 fendeurs, 2 maréchaux (maréchaux-ferrants), 2 charpentiers, 1 filandière (fileuse), 1 tailleuse, 1 scieur de long, 1 fileuse de laine. Les métiers du bois fortement représentés (fendeurs, charpentiers, scieurs) s’expliquent par la proximité de la forêt.

Aujourd’hui, des anciennes maisons restaurées et des habitations neuves se côtoient dans le village de Louvigné.

Louvigné. Ancienne ferme du XIXe siècle restaurée. https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/

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