
Photo Février 2026. La rue Germaine Tillion se situe dans le nouveau quartier du Botrel. Elle date des années 2010. Le nom de Germaine Tillion a été choisi en 2015.
Sur le plan
Germaine Tillion (1907-2008), ethnologue et résistante, fidèle au « devoir de vigilance »
Née à Allègre, en Haute-Loire, dans une famille à la fois républicaine et catholique, Germaine Tillion est ethnologue de formation. Elle part dans les années 1930 étudier les sociétés berbères des Aurès, en Algérie. Elle est passionnée par la compréhension des cultures, sur lesquelles elle porte un regard attentif et respectueux.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage dans la Résistance contre l’Occupation nazie, dans le réseau du Musée de l’Homme. Arrêtée en 1942, elle est déportée au camp de Ravensbrück. Sa mère, Emilie Tillion y meurt gazée. Germaine Tillion fait preuve d’une force morale extraordinaire, soutenant ses compagnes. Elle est placée dans la catégorie des Verfügbar (de l’allemand verfügbar : disponible), prisonniers non affectés à un Kommando de travail, mais « disponibles » pour les pires corvées. Elle écrit clandestinement une opérette, Le Verfügbar aux Enfers, dans laquelle elle mêle des textes relatant avec humour les dures conditions de détention et des airs populaires.
Après la guerre, elle intègre le CNRS et poursuit son travail scientifique tout en s’engageant contre toutes les formes d’injustice et de racisme, notamment pendant la guerre d’Algérie. Elle défend le dialogue et la dignité humaine, elle dénonce l’existence de la torture. Elle poursuivra inlassablement ses interventions jusqu’à la fin de la guerre et au-delà pour sauver des personnes de quelque côté qu’elles se situent.
Lors d’un entretien radiophonique, en 2007, un an avant sa disparition à plus de cent ans, elle évoquait les horreurs des régimes totalitaires et elle rappelait que : « Rien n’est jamais acquis. Notre devoir de vigilance doit être absolu. Le mal peut revenir à tout moment, il couve partout et nous devons agir au moment où il est encore temps d’empêcher le pire. »
Germaine Tillion laisse l’image d’une femme indépendante, lucide et profondément humaniste. Inhumée à Saint-Maur des Fossés, elle est entrée au Panthéon en 2015, avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay.
Pour en savoir plus : Germaine Tillion, l’éternelle engagée










