Photo février 2026 . La rue Jean Guéhenno est située dans le quartier résidentiel du Botrel au nord du bourg. Elle a été ouverte entre 2010 et 2015. Sur le plan
Jean Guéhenno (1890-1977), le professeur qui voulait « apprendre aux hommes à espérer ».

Jean Guéhenno naît le 25 mars 1890 à Fougères, dans une famille modeste. Son père est cordonnier et sa mère couturière. Il grandit dans un milieu populaire où l’école représente une chance rare de s’élever socialement. Élève brillant, il doit abandonner l’école à la mort de son père pour s’engager comme employé dans une usine de galoches mais il continue à étudier seul, après ses journées de travail. La longue grève qui éclate à Fougères durant l’hiver 1906-1907 le marque pour toujours. Il écrit plus tard dans Changer la vie qu’elle « reste en moi comme la plus grande épreuve humaine à laquelle j’aie assisté » Il réussit à obtenir le baccalauréat en 1907.
Grâce à son travail et à ses résultats, il intègre la prestigieuse École normale supérieure à Paris. Cette formation d’excellence lui ouvre les portes du monde intellectuel et de l’enseignement. Mais sa jeunesse est brutalement interrompue par la Première Guerre mondiale. Mobilisé comme soldat, il vit l’expérience du front et la violence de la guerre. Cette période marque profondément sa pensée et nourrira plus tard ses écrits.
En 1920, il est reçu troisième à l’agrégation de Lettres. Jean Guéhenno commence sa carrière de professeur de Lettres au dans le Nord puis il enseigne en classes préparatoires dans des grands lycées parisiens. Il finira sa carrière comme inspecteur de l’Education nationale. En parallèle, il se consacre à l’écriture et à la réflexion sur la société. En 1928, il publie Caliban parle, un essai remarqué dans lequel il défend la dignité des classes populaires et l’importance de rendre la culture accessible à tous.
Dans les années 1930, il s’impose comme une voix importante du débat intellectuel. Il dirige la revue Europe, qui devient un espace de discussion entre écrivains et penseurs engagés. Guéhenno y défend des idées humanistes et s’oppose fermement à la montée des régimes autoritaires en Europe.
Lorsque éclate la Seconde Guerre mondiale, il refuse de collaborer avec le Régime de Vichy. Professeur au Lycée Louis Le Grand de Paris (Khâgne) il est rétrogradé par l’ Etat Vichyssois et devient professeur de 4ème au Lycée Buffon. Pendant l’Occupation, il tient un journal personnel qui sera publié après la guerre sous le titre Journal des années noires. Ce texte témoigne de la vie intellectuelle et morale sous l’Occupation.
Après 1945, Jean Guéhenno continue d’écrire des essais, des critiques et des réflexions sur la littérature et la démocratie. Son engagement pour l’éducation, la culture et la liberté reste au cœur de son œuvre.
En 1962, il est élu à l’Académie française, une reconnaissance majeure de son parcours d’écrivain et d’intellectuel.

Jean Guéhenno meurt le 22 septembre 1978. Il laisse derrière lui l’image d’un écrivain humaniste, profondément attaché à la justice sociale et convaincu que la culture peut transformer la société.
Pour aller plus loin : site de l’association des Amis de Jean Guéhenno










