XIXᵉ SIÈCLE
Le 8 mai 1804, Napoléon Bonaparte est proclamé empereur des Français. Le décret du 29 décembre 1804 met à la disposition du gouvernement, via le conseil de révision, des milliers de conscrits par tirage au sort : 60 000 hommes en 1805, 80 000 en 1808, 120 000 en 1811, 150 000 en 1814.

De ce fait, des jeunes Acignolais furent réquisitionnés pour les guerres napoléoniennes et, malheureusement, certains n’en revinrent pas. La plupart des décès se produisirent dans les hôpitaux militaires, sans que l’on sache exactement si leur mort était la conséquence de blessures ou de maladies, sauf lorsque cela était précisé.
Voici la liste de ces jeunes soldats acignolais morts sous le Premier Empire, d’après les registres de décès d’Acigné :
- François Maréchal, 21 ans, fusilier de la 2ᵉ Légion de réserve, décédé à l’hôpital militaire sédentaire de Bayonne le 25 septembre 1808, par suite de dysenterie.
- Julien Perrucel, 22 ans, conscrit au 2ᵉ régiment de chasseurs à pied de la Garde impériale, décédé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris le 13 janvier 1809, par suite de « fièvre adynamique » (sic).
- Jean Huchet, soldat du 1er bataillon du train d’artillerie, décédé le 6 juillet 1809, par suite d’un coup de boulet qui lui a fracassé la hanche à la bataille de Wagram (Autriche).
- Julien Rossignol, 22 ans, fusilier au 108ᵉ régiment de ligne, décédé le 13 octobre 1809 à l’hôpital civil des Récollets à Anvers (Belgique).
- Julien Joly, 20 ans, conscrit au 26ᵉ régiment de ligne, décédé à l’hôpital militaire de Zamora (Espagne) le 18 avril 1810.
- François Ridard, 22 ans, fusilier au 26ᵉ régiment d’infanterie, décédé à l’hôpital transitoire de Zamora (Espagne) le 5 juin 1810.
- Joseph Fontaine, 20 ans, fusilier au 69ᵉ régiment de ligne, décédé le 10 avril 1812 à l’hospice civil de Luxembourg.
- Pierre Colas, 20 ans, fusilier au 69ᵉ régiment de ligne, décédé le 23 août 1812 à l’hospice civil de Luxembourg.
- Pierre Coignard, fusilier au 69ᵉ régiment d’infanterie de ligne, décédé le 11 février 1813 à l’hôpital temporaire de Saint-Sébastien (Espagne).
Fin 2012, nous avons commémoré le bicentenaire de la retraite de Russie, qui fut un désastre pour l’armée française et marqua le début de la fin pour le Premier Empire.
Il n’y aurait cependant pas eu d’Acignolais tués pendant la campagne de Russie (juin–décembre 1812), ni pendant la campagne de France (janvier–avril 1814). Du moins, le registre des décès d’Acigné n’en cite pas.
En revanche, il existe un ex-voto représentant Acigné en 1814, peint par le maire de l’époque, Jean-Marie Dauphin. Qu’est-ce qui a pu pousser le maire à réaliser cet ex-voto ? Peut-être le soulagement de voir revenir tous les conscrits acignolais vivants en 1814, après avoir perdu neuf enfants du pays dans les précédentes campagnes napoléoniennes. C’est une hypothèse correspondant aux angoisses de l’époque.

Auteur : Alain Racineux
Rubrique « Le Saviez-vous ? » bulletin municipal décembre 2012
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