Activité économique
Jadis, avant les deux guerres mondiales et avant la généralisation de l’automobile, les habitants des campagnes n’avaient pas l’occasion de voyager très loin. Ils le faisaient souvent dans un rayon de 15 km alentour, guère plus. Aussi vivaient-ils quasiment au autarcie, d’où l’abondance de fours à pain sur notre commune. Ils disposaient aussi sur place de commerçants et artisans nécessaires à leurs besoins immédiats. Un recensement de 1813 comptabilisait 70 emplois à ce sujet : métiers du bois, du textile et du cuir, du bâtiment, métiers para-agricoles, débits de boisson et métiers de bouche, …

A propos de ces-derniers, il existait encore, après la dernière guerre à Acigné, quatre boucheries (Josse, colin, Denis, Douard) et trois charcuteries (Marquet, Piguelet, Madame Pierre). En ce qui concerne les boucheries, la plupart disposaient d’un abattoir privé. Si l’on prend l’exemple de la boucherie Colin, ce dernier possédait un herbage de 20 ha et un enclos derrière la boucherie, où il tuait en moyenne 15 veaux, 2 gros bovins et 4 porcs par semaine. Pour des raisons d’hygiène les abattoirs privés ont été supprimés en 1968 au profit de l’abattoir public. Puis est venue la concurrence des grandes surfaces. Les métiers de la viande ont dû s’adapter pour survivre. Le boucher traditionnel est ainsi souvent devenu traiteur.
Jusque dans les années 1980, il y eut quatre boucheries à Acigné, et ce malgré la concurrence des agriculteurs qui tuaient et consommaient leurs propres cochons. En-effet, s’il est une viande que les anciens consommaient, c’était le cochon. Le jour où on tuait le cochon dans une ferme, c’était jour de fête. En général tout le village était là pour assister à la scène et participer aux préparatifs. Le soir même, on fêtait l’événement en dégustant d’ores et déjà quelques côtelettes.
Vers 1960, Acigné était une modeste commune d’environ 1600 habitants, mais les petits commerces du bourg étaient assez nombreux et parfois jumelés : pendant que la femme tenait un commerce, le mari exerçait un autre métier, souvent artisanal. C’est ainsi que dans les années 1960-70, outre les boucheries et charcuteries dont nous venons de parler, il y avait dix à quinze cafés dans le bourg, champions toutes catégories des commerces de l’époque. Cela favorisait le lien social autour des bolées de cidre bon marché produit sur place. En ces temps où il n’y avait pas encore de grandes surfaces, on pouvait s’approvisionner dans des épiceries locales. Il y en avait au moins cinq sur place : Mme Thouanel, Mme Veillard, M. et Mme Phelippé, M. et Mme Beaudoin, M. et Mme Hubert. Deux boulangeries se tenaient dans le bas du bourg (boulangerie Galesne et boulangerie Lelièvre). A cela s’ajoutaient différents commerces et services : bois, bestiaux, vêtements, chaussures, vélos, quincaillerie, droguerie, mercerie, bureau de tabac, restaurants, pharmacie, médecin, notaire… Il y avait des commerçants assez polyvalents, comme un horloger-brocanteur-photographe (M. Berhault) ou une graineterie-engrais-fleurs (Mme Théard). Deux pompes à essence offraient leur service aux automobilistes et une coopérative agricole se tenait à la disposition des agriculteurs.
Du côté des artisans, il y avait de la variété dans le bourg. On trouvait des professions comme forgerons, menuisiers, charpentier, ébéniste, garagistes, maçons, couvreurs, peintre en bâtiment, bourreliers, cordonniers, couturières, coiffeur-coiffeuse, minotier, tailleur, charrons et même bouilleur de cru !… Il y eut aussi à un moment deux scieries dans le bourg (scierie Pillet et scierie Berré).
Tout cela évolué en quelques décennies. Le contexte a bien changé. Des pans entiers d’activités ont disparu, d’autres sont apparus. On peut le regretter ou pas. C’est la rançon du progrès.

Auteur : Alain Racineux
Rubrique « Le Saviez-vous ? » bulletin municipal janvier 2016
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