Version test / Balade découverte d’Acigné: Circuit bleu dit de la Motte (Vernay-Grébusson)

Ce circuit pédestre de 11 km – 2 h 30 ou 3 h heures en prenant son temps -, vous permet de découvrir l’est de la commune d’Acigné.
Cette page, que vous pouvez dérouler au fur et à mesure de votre trajet sur votre smartphone, vous révèle de multiples centres d’intérêt tout au long du parcours.

Ce circuit démarre au pied de l’église d’Acigné.
Empruntez la rue des Roches, qui descend à l’est de l’église.

Les jardins de ces maisons donnent au sud sur la Vilaine. Dans cette rue des Roches étaient installés des tanneurs sous l’Ancien Régime, comme au n°8. Plus bas, au n° 14, observez le trou circulaire au-dessus d’une fenêtre, qui est une ancienne porte partiellement rebouchée. Cette encoche servait à bloquer un madrier pour faciliter l’encavage des fûts de cidre qu’il fallait descendre dans le bâtiment. A la maison suivante, le n° 16, une gerbière avec sa poulie permettait de monter des sacs de céréales et autres réserves au grenier.

Au bas de la rue, avant les jardins familiaux, prendre le sentier à droite qui rejoint le bord de la Vilaine.
S’il y a trop d’eau, cette zone humide pouvant être inondée à certaines période de l’année, poursuivre tout droit le sentier goudronné jusqu’à la ferme de la Motte.

Le bief du moulin d'Acigné
Du bord de la Vilaine, vous avez une belle vue vers le moulin avec son bief, c’est à dire le canal qui amenait l’eau jusqu’aux roues du moulin, roues qui ont été démontées au milieu du XXe siècle.
Plan du moulin au XVIIIe siècle
Ce plan, des années 1780, avait été établi pour préparer une canalisation de la Vilaine en amont de Rennes et qui devait se poursuivre jusqu’à la Mayenne, projet qui n’aboutit jamais. La configuration hydraulique n’a guère changé. Le tracé jaune de la carte est l’emplacement projeté pour le canal qui aboutissait à une écluse, qui aurait été situé juste en face vous.

Poursuivre vers l’est sur le sentier en bord de Vilaine. A votre gauche s’étend un espace naturel humide.

Le marais de la Motte en 2019, lors de débordement de la Vilaine, avec Acigné au fond. Il est constitué de prairies et taillis humides, de roselières, ainsi que de fossés périphériques. On y trouve une grande variété d’espèces végétales et animales. C’était autrefois des prairies de fauche.

Vous arrivez à la Ferme de la Motte, qui héberge aujourd’hui l’Espace jeunes.

La résidence des seigneurs d’Acigné était située dans le méandre à gauche, de l’autre côté de la Vilaine, entre le 12e et le 14e siècle. Sur l’île, à droite, à laquelle on peut accéder par la passerelle, se trouvait la chapelle du château et un vivier.

Vous pouvez vous avancer dans l’île et même en faire éventuellement le tour au milieu de la végétation.

L’île de la Motte sur le cadastre de 1819. Le vivier, réserve de poissons pour la résidence seigneuriale, est toujours visible en s’avançant sur l’île.

Revenir à la Ferme de la Motte et passez derrière le bâtiment.

Four de la ferme de la Motte. Avec le puits, situé un peu plus loin, le four à pain était un équipement habituel dans les villages à partir du 19e siècle, le monopole seigneurial étant tombé à la Révolution. A l’arrière du bâtiment, une trappe servait à livrer les pommes directement dans le local où se trouvait le broyeur à pommes et le pressoir.

Poursuivre sur le bord de la Vilaine vers la base de kayak voisine.

Le club de kayak d’Acigné a été créé en 1981 et le bâtiment que vous voyez a été inauguré en 2000. Répondant au caractère inondable de la zone, la base nautique est sur pilotis. Œuvre de l’architecte rennais Thierry Dupeux, son bardage s’intègre à l’environnement et ses hublots évoquent le milieu aquatique.
Juste de l’autre côté de la base de kayak se trouvait le manoir médiéval. Le relevé topographique de ses vestiges au sol, bien que réduits, ont permis de retrouver sa configuration avant son abandon par les seigneurs d’Acigné, vers 1400. A droite, sur l’île qui était reliée par un pont en bois au manoir médiéval, la chapelle.
En poursuivant le sentier, vous croisez un long talus qui remonte. Approchez-vous et vous observerez qu’il est très imposant. Ce talus défensif faisait autrefois le tour de toute la parcelle englobant la base de kayak. Au Moyen Âge, c’était une basse-cour (enclos protégé avec des bâtiments annexes du manoir et lieux de refuge pour la population) dépendante de la résidence seigneuriale.

Continuez le chemin sur la berge de la Vilaine et, après avoir franchi la clôture par un sas aménagé à cet effet, passez sous le pont de la route Noyal-Liffré et poursuivez le chemin. Refermez bien la clôture qui traverse le chemin, si vous êtes amenés à l’ouvrir. Vous passez devant le manoir de la Havardière.

Le premier manoir de la Havardière a été construit par la famille Havart au début du 15e siècle. Le corps de logis actuel semble être du 16e siècle. Il fut pillé en 1589 par les troupes de Mercoeur, chef de la Ligue catholique.
On connait une vingtaine de « jetons de la Havardière », gravés sur des pièces de cuivre usés et datés de 1740 à 1784. Ils étaient sans doute remis à titre de reçu aux débiteurs d’une rente seigneuriale due à cette terre (photo Musée de Bretagne).

Continuez tout droit sur la petite route et, après le village des Prés Hauts, vous arrivez aux abords du Bas et du Haut Chanclin.

Champ de pommiers haute tige. Il s’agit d’un « champ complanté » avec des pommiers en file (et non un verger à densité d’arbres élevée), comme il y en avait partout autrefois dans le Bassin rennais. Le bétail peut « cohabiter », pâturant dessous et entre les alignements. C’est un des rares champs de pommiers a être entretenu ainsi, les pommiers âgés étant remplacés. Ailleurs, les anciens arbres fruitiers disparaissent, atteints par la limite d’âge, une soixantaine d’années pour des pommiers haute tige.
Au travers du champ avec les pommiers, vue sur la Ville-Guy, au loin. Il ne reste qu’un pavillon de l’ancien manoir, démoli en 1891.
Bâtiments en bauge (terre) au Haut Chanclin, sur la droite de la route. Vous en avez déjà croisé, par exemple rue des Roches, mais la terre y était recouverte d’enduits. Ici apparente, la bauge s’élève au dessus du solin, un soubassement du mur en pierres l’isolant de l’humidité du sol.

Poursuivant sur la petite route, vous arrivez à la Cour au Boursier.

La Cour au Boursier. Dans ce village, les bâtiments sont majoritairement en pierre locale, du schiste briovérien. On se rapproche de la limite de la zone où les maisons étaient traditionnellement en bauge, du Bassin rennais en remontant vers le Nord-Ouest jusqu’aux Côtes-d’Armor. Les constructions s’effectuaient avec le matériau local et, en allant vers l’est, la pierre du sous-sol est plus accessible.

Poursuivez pour arriver à Vernay.

Maison rénovée à Vernay. Si des petits bâtiments annexes sont encore en bauge, les habitations principales sont en pierre. Ici, le schiste local est marié avec du grès, provenant sans doute des carrières de La Bouëxière.

Poursuivez sur la petite route qui amorce un large coude.

En contrebas, le ruisseau de l’étang de Forge. Ce ruisseau, qui descend de la forêt de Chevré et se jette dans la Vilaine, trace la limite entre Acigné et Servon-sur-Vilaine (excepté une enclave acignolaise autour de Bout de Lande, un peu plus loin).

Obliquant vers le nord, vous passez au village des Cours Hamon.

Les Cours Hamon, la Cour au Boursier … Dans la toponymie, « cour » est issu du bas-latin « curtis » qui désignait, primitivement, un espace clos, la cour d’une ferme puis, par extension, la ferme elle-même et enfin le village. Le nom qui suit, Boursier, Hamon… est celui d’un ancien habitant, peut-être le premier du village.

Continuez la route en remontant jusqu’au croisement de la route Acigné-Servon-sur-Vilaine. La petite route en face étant aujourd’hui un cul de sac, prenez à gauche sur environ 400 m avant de prendre le chemin à droite, avant la ferme de la Ville-Guy.

Le chemin avant la Ville Guy remonte entre les champs vers le nord. Savez-vous que vous empruntez un ancien chemin gallo-romain ?
Sur cet extrait du cadastre de 1819 (que vous pouvez agrandir), en jaune le tracé du circuit que vous suivez. En bleu, allant d’ouest en est, le tracé de la voie romaine qui joignait Rennes au Mans. On en retrouve des traces dans le paysage sur une grande longueur à Acigné, à Servon, etc. A Acigné, de part et d’autre de cette voie, le cadastre dessine de grands quadrilatères déformés au fil du temps par les dérives progressives des chemins. Ils sont des vestiges du travail des arpenteurs romains, qui aimaient tracer les limites et les voies de circulation  « au carré », en s’appuyant sur la voie principale.

Au bout du chemin qui remonte plein nord, prenez à gauche et vous arrivez sur une petite route goudronnée joignant la Ville Aubrée à Bourgon, que vous allez emprunter sur environ 300 m en direction du bourg d’Acigné, vers l’ouest.

Vous êtes sur la voie romaine ! Au fond, la portion de route se prolonge en direction de Servon par une longue haie, seul vestige d’un chemin aujourd’hui disparu et que les anciens Acignolais appelaient « l’ancienne route de Paris » ou « le Grand Chemin ».
Avançant sur cette portion de route, l’ancienne voie romaine, vous filez vers Condate (ancien nom de Rennes). La route moderne goudronnée oblique vers le sud mais, dans l’axe, des haies signalent encore l’ancien tracé de la voie.

Au niveau de la bifurcation de la route, premier le joli chemin creux remontant au nord et passant au pied de la ferme de la Croix des Bourgeons.

La ferme en bauge de la Croix des Bourgeons avec, dans son prolongement, une soue à cochons en appentis. On retrouve le mot de Bourgeons dans plusieurs villages à Acigné. Ce terme désignait des sillons courts que l’on était obligé de charruer en bout des parcelles de forme irrégulière, les leçons de cadastration romaine ayant été laissées de côté.

Continuez le chemin en face, en passant à gauche du bâtiment et poursuivez jusqu’au réservoir de la Croix de Bourgon.

L’augmentation  de la population acignolaise nécessita l’adjonction de deux réservoirs complémentaires d’eau potable, dont celui-ci en 1988, après le premier à la Sicotière en 1964, près du bourg (article de Ouest-France).

Traversez la route joignant Acigné à Bourgon et poursuivre dans le chemin en face. Attention ! A 400 m, prendre le chemin à gauche qui descend vers le village de Grébusson.

Panneau au croisement des chemins vers Grébusson. De Grébusson, un grand village, nous disposons un document du 11e ou 12e siècle avec un acte de l’abbaye de Saint-Georges qui en possédait les terres. On y trouve la liste des onze tenanciers, les chefs de famille. On peut remarquer qu’à Grébusson, en 1946, il y avait dix ménages. Etonnante continuité démographique. Mais, par contre, aucune continuité de noms médiévaux Garin, Guillaume Gonei, Hélégon, Hémeric… d’alors.

Revenir vers le bourg d’Acigné en prenant le passage sous la route de Liffré, en passant devant Joval et rejoignant l’agglomération.

En arrivant au lotissement de la Timonière, vous voyez à gauche des maisons en biobrique achevées en 2006 et à qualités environnementales reconnues. A droite, les immeubles ont été achevés en 2010. Conçus par l’architecte Manuelle Gautrand, ils avancent comme une chenille rythmés par un camaïeu de couleurs vives.

Poursuivez jusqu’au rond-point des Clouères et tournez à gauche pour redescendre vers l’église.

En redescendant la rue de Calais, remarquez les demi-sous-sols des maisons sur la droite. Beaucoup de ces bâtisses sont anciennes et elles pourraient être d’anciens ateliers de tisserands, nombreux jusqu’au 19e siècle. Ce type de local, frais en toute saison, au degré d’hygrométrie presque constant, conserve les qualités du chanvre ou du lin et évite que le bois des métiers à tisser ne travaillent au fil des saisons.

Vous voilà revenus au point de départ.

Version test / Balade découverte d’Acigné: Circuit bleu dit de la Motte (Vernay-Grébusson)
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